Le dit de l’image #288

Le dit de l’image : un jour, une œuvre, un mot.
Comme une éphéméride du sensible,
une image quotidienne assortie d’un mot, d’une phrase…ou pas.

Elisabeth Hase Untitled (Women reading by window with curtain), 1932-1933 © The Estate of Elisabeth Hase, courtesy Robert Mann Gallery

Untitled (Women reading by window with curtain), 1932-1933, Elisabeth Hase (1932-1991) 

« Dans nos sociétés modernes, nous pensons toujours qu’il faut nous écouter nous-mêmes, gagner en autonomie. L’idée est que le bonheur serait d’être tellement autonome qu’on ne serait influencé par rien. […] Je crois que c’est justement là l’erreur. La résonance commence avec l’appel de l’autre, de quelque chose que je ne connais pas mais qui pourrait m’intéresser. Adorno l’avait bien compris, lui qui disait que l’expérience vraie est celle qui me permet de perdre en autonomie, d’être submergé par l’autre et par l’altérité. […] Le bonheur commence avec le fait d’entendre l’appel. Or, la culture connaît aujourd’hui cette crise : on ne se laisse pas appeler. C’est un problème spirituel et politique : nous ne voulons pas entendre ceux qui ont une autre opinion que la nôtre, nous voudrions les réduire au silence. »

Hartmut Rosa (né en 1965), sociologue et philosophe allemand

 

 

 

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