Si l’on en croit la légende • jour 34 / 365


Chaque jour prendre une photographie, capturer un instant qui me fait signe, créer une image, et écrire une légende. Un mot, des mots, quelques phrases. Explorer la polysémie des mots…et des images.

UN BALCON EN FORÊT, Paris, 3 février 2026 © Barbara Sabaté Montoriol

UN BALCON EN FORÊT
Paris, pluie battante, derrière une vitre embuée surgit comme un paysage végétal qui me fait souvenir les lignes du roman de Julien Gracq1, son attente étrange et magnifique dans la forêt d’Ardenne.

« La forêt était courtaude – c’étaient des bouleaux, des hêtres nains, des frênes, de petits chênes surtout, ramus et tordus comme des poiriers – mais elle paraissait extraordinairement vivace et racinée, sans une déchirure, sans une clairière ; de chaque côté de l’aine de la Meuse, on sentait que de toute éternité cette terre avait été crépue d’arbres, avait fatigué la hache et le sabre d’abatis par le regain de sa toison vorace. De temps en temps, un layon fuyait à travers les arbres, étroit comme une passée de bête. La solitude était complète, et cependant l’idée d’une rencontre possible ne disparaissait pas complètement ; quelquefois on croyait distinguer dans l’éloignement un homme debout au bord de la chaussée sous sa longue pèlerine ; de près, c’était un petit sapin tout noir et carré d’épaules contre le rideau de feuilles claires. »

2 réponses sur « Si l’on en croit la légende • jour 34 / 365 »

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