Proust en attendant que l’eau bouille


Manet, 1880, Huile sur toile de 16 x 20 cm conservée au Musée d’Orsay à Paris

Pour cuire les raviolis charnus ricotta-épinards qui attendent sagement dans leur sachet de papier, il faut beaucoup d’eau. J’attends qu’elle bouille en rêvassant. Près de la cuisinière, le plat à asperges en barbotine de ma grand-mère conduit le fil de mes pensées vers ces mots de Proust à la lecture desquels je frissonne de plaisir :


« […]mon ravissement était devant les asperges, trempées d’outremer et de rose et dont l’épi, finement pignoché de mauve et d’azur, se dégrade insensiblement jusqu’au pied,-encore souillé pourtant du sol de leur plant,-par des irisations qui ne sont pas de la terre. Il me semblait que ces nuances célestes trahissaient les délicieuses créatures qui s’étaient amusées à se métamorphoser en légumes et qui, à travers le déguisement de leur chair comestible et ferme, laissaient apercevoir en ces couleurs naissantes d’aurore, en ces ébauches d’arc-en-ciel, en cette extinction de soirs bleus, (…) »

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