Calendrier de l’avent / 24 visages #8

Dans ce portrait de l’empereur chinois Qianlong  par le peintre italien Giuseppe Castiglione se mêlent très subtilement deux traditions picturales, l’extrême orientale et l’occidentale.

Qianlong (1711-1799) est le quatrième empereur de la dynastie mandchoue des Qing (1644-1911) à régner sur la Chine. Son long règne (écourté un peu plus de trois ans avant sa mort pour ne pas dépasser le « record » de son grand-père Kangxi) coïncide avec l’apogée de la dynastie : rarement en fait, dans toute son histoire, la Chine a été aussi prospère et aussi puissante. Jacques Gernet, dans son Monde chinois nous apprend qu’au XVIIIe siècle en effet, «l’empire sino-mandchou couvre près de douze millions de kilomètres carrés, et son influence s’étend largement au-delà de ses frontières. C’est à cette époque l’État le plus riche et le plus vaste du monde.»

Qianlong2

Portrait de l’empereur Qianlong, Giuseppe Castiglione (nom chinois Lang Shining, (1688-1766), Dynastie Qing, période Qianlong (1736-1795), 56,2 x 42,3 cm, Couleurs sur papier, Musée National des Arts asiatiques Guimet

Le rythme de la vie des empereurs Qing est trépidant. Zhao Yi, l’un des premiers ministres de Qianlong, écrit qu’après avoir reçu ses ministres en audience, vers 6 heures du matin, « l’empereur se met à l’exécution soit d’une calligraphie, soit d’une peinture ; quand à la poésie,  elle demeure un exercice quotidien.»

Giuseppe Castiglione (nom chinois Lang Shining, 1688-1766), l’auteur de ce portrait est un peintre et missionnaire jésuite italien originaire de Milan. Il arrive en Chine en 1715 où il sera présenté à l’empereur Kangxi (1662-1722) comme peintre et commence à travailler pour la cour à l’Académie de peinture, établie dans l’enceinte du palais impérial. À l’avènement de Qianlong, Castiglione a déjà acquis la première place parmi les peintres européens qui travaillent à la cour. Son activité sera désormais tout entière consacrée à l’empereur.
Castiglione excelle dans les genres du portrait et la peinture de chevaux. C’est là qu’apparaît une fusion des deux traditions picturales.
«Devant s’adapter à la technique chinoise du pinceau, influencé peut-être par le goût des empereurs Qing pour la miniature européenne (en particulier sur émail), Castiglione a développé pour les contours une ligne très fine, très fluide, un peu vibrante, des couleurs transparentes, des ombrages en dégradés très doux, un rendu à la fois détaillé et naturel de l’anatomie. Ses portraits de Qianlong introduisent dans la peinture chinoise un style totalement neuf qui, sous des procédés et selon des canons chinois, témoigne d’un réalisme, d’une organisation du mouvement, d’un sens du modelé proprement européens.» (1)


 

(1) Michèle Pirazzoli-t’Serstevens
À lire aussi, du même auteur, le passionnant article Giuseppe Castiglione et le renouveau du portrait impérial au XVIIIe s.

 

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