Calendrier de l’avent / 24 visages #15

Après une interruption involontaire, ce calendrier de l’avent se mue en calendrier d’avant…la fin de l’année, .
Si le support symbolique est altéré, l’intention de partager ma passion des portraits reste intacte et se poursuit aujourd’hui avec ce portrait de Madame Flandrin par son époux, le peintre Hippolyte Flandrin (Lyon 1809-Rome 1864).
Il apparaît comme le négatif de celui de la Comtesse d’Haussonville, aussi sombre que le premier était lumineux, hommage de l’élève au maître.
Hippolyte Flandrin était, en effet, l’un des élèves d’Ingres, son préféré et sans doute le plus brillant.
Dans une lettre à un ami proche, Ingres écrivait : « Je puis vous dire cependant que mon Flandrin s’est surpassé et que c’est véritablement un jeune maître qui vous arrive. Son beau talent et les qualités si honorables de ce digne jeune-homme me le font chérir comme un ami. »

MmeFlandrin

Portrait d’Aimée-Caroline Ancelot (1822-1882), épouse de l’artiste, Hippolyte Fandrin (1809-1864), 1846, Huile sur toile, 83 x 66 cm, Musée du Louvre, Paris.

Issu d’une fratrie d’artistes avec Auguste et Paul, Hippolyte Flandrin a touché à tous les genres. Son talent de portraitiste et de peintre religieux ont fait sa renommée. Parfois appelé le « nouveau Fra Angelico », il a puisé son inspiration dans les œuvres de la Renaissance, de Raphaël, en particulier. Sous le pinceau de Flandrin, portraits, paysages, sujets religieux, sont traités avec douceur et délicatesse.

Aimée-Caroline Ancelot, gracile jeune-femme de vingt-quatre ans, est l’épouse d’Hippolyte Flandrin depuis trois ans lorsqu’il peint ce portrait.
Les cheveux noirs coiffés en bandeaux comme ceux de la blonde Louise d’Haussonville encadrent un visage plus fin. On hésite entre l’envie d’y voir l’esquisse d’un sourire ou une légère moue d’ennui prête à naître.
Même pose, la main soutenant le menton, même léger flou des chairs pâles en fort contraste sur la robe de soie noire, même soin apporté aux détails des bijoux que chez le maître Ingres.
Ici point de dorures ni de porcelaines de Sèvres, le décor est sobre et sage. Des objets antiques sur une maie à l’arrière-plan, peut-être rapportés d’Italie où Flandrin -grand Prix de Rome en 1832- a séjourné à la Villa Médicis sous la direction d’Ingres.
Un tableau religieux au mur, une crucifixion sur fond d’or, qui rappelle qu’Hippolyte s’est davantage dédié à la peinture religieuse. Bien que son chef-d’œuvre en ce domaine demeure le décor de Saint-Germain-des-Prés que son frère Paul achèvera à sa mort, j’ai une tendresse et une admiration particulière pour ses fresques -Processions des saints et des saintes avançant vers le cœur- de l’église Saint-Vincent-de-Paul à Paris. On retrouve dans ces décors, la puissance d’imagination, la maîtrise d’un chromatisme adouci et la souplesse de la ligne du dessin, qui le caractérisent.
D’un caractère doux, extrêmement timide, un peu mélancolique, Hippolyte souffrait d’un cruel manque de confiance en soi.
Trois notes de rouges se répondent dans la partie droite du tableau, comme autant d’indices de passions discrètes mais vives : le rouge de l’œillet -symbole de passion partagée- qu’Aimée-Caroline tient contre son sein, le rouge des manteaux des personnages saints dans le « tableau dans le tableau », celui, enfin, du châle en cachemire qui semble couler sur le dossier de la simple chaise.

 

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