C’est moi qui souligne#1.2

C’EST MOI QUI SOULIGNE
Clin d’œil au merveilleux roman de Nina Berberova, et un titre qui parle de lui-même pour une nouvelle série.
Je lis, je souligne…une phrase pour l’idée qu’elle porte et qui me transporte, parfois juste une expression pour sa pertinence, un mot pour son chatoiement.
Un aide-mémoire autant qu’un désir de partager mon enthousiasme pour un livre avec ceux qui me suivent. Et le plaisir d’accompagner ce florilège d’images qui me semblent seyantes.


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Lecture de Signaux sensibles,
Entretien à propos des arts, de Jean-Luc Nancy
et Jérôme Lèbre. Portrait en creux de Jean-Luc Nancy, un philosophe qui me guide et nourrit mes questionnements sur l’art et le monde et la manière d’en formuler la pensée.
Un dialogue avec Jérôme Lèbre, professeur de philosophie.


C’EST MOI QUI SOULIGNE / SIGNAUX SENSIBLES
/ chapitre III : L’art dans et hors de l’histoire (pages 105 à 133)

 

« Dès que l’on veut parler d’histoire de l’art, on se trouve confronté d’un côté à l’autonomie très récente, et sans doute déjà dépassée, du concept d’art (celui-ci ne se sépare de la technique qu’au XVIIIe siècle) et de l’autre à la présence lumineuse, sensible, de l’idée du beau. »

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Vertumne et Pomone, 1905, Camille Claudel (1864-1943), Paris musée Rodin

«(…) l’art romain offre les œuvres grecques détachées de leur spiritualité à la civilisation chrétienne, qui se voue à l’intériorité spirituelle du corps vivant. »

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Pietà, déploration du Christ, 1498-1499, Michel-Ange (1475-1564), marbre, 1,74 x 1,95 m, Rome Basilique Saint Pierre – détail, photographie de Robert Hupka

« Quel embarras ! tout se bouscule instantanément dans un chaos impossible à démêler et d’où pourtant surgissent en même temps d’innombrables formes qui émergent pour plonger aussitôt dans le maelström de cette si étrange histoire de l’art « immobile à grands pas » comme selon Valéry l’Achille de Xénon.

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La grande Odalisque, Jean-Auguste-Dominique Ingres (1780-1867), huile sur toile, 162 x 91 cm, Paris musée du Louvre

Tenez, pêle-mêle, voici un bijou scythe, une pyramide maya, un serpent à plumes, un dragon chinois, l’Odalisque d’Ingres, une photo de David Nebreda, un dessin de François Martin, le début de l’Or du Rhin, La Grande Fugue, le Ballet nègre, Hiroshima mon amour, Le Ciel du centaure, le buste de Caligula, un portrait de femme du Fayoum, L’Homme aux yeux gris, une arabesque anonyme, des rinceaux, des cannelures, un bond de Nijinski, Monika, Antigone, je veux dire leurs visages ou leurs paroles, et tout cela dans une grande rumeur qui fait entendre plus ou moins distinctement des voici, des voilà, des c’est moi, des tiens donc, des pleurs, des exclamations, des rires, et qui me barbouillent de courbes, de taches, d’éclats, de poussées, de jets, d’inclinaisons, de chutes, toutes choses emmêlées et distinctes, distinctement étreintes ou discordantes.. »

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After the Grande Odalisque, Digital art, chapter 5 : Analogies, 2008, Koya Abe (né en 1964), photographie, image digitale, impression chromigénique 57,15 x 101,6 cm

«  Comme s’il y avait là (…) une extraordinaire, exorbitante réserve (…) d’inattendus, d’imprévisibles restant toujours imprévus dans chaque moment, chaque éclat d’une venue et d’une expansion qui se reprend en soi pour se rejouer, se reformer, se transformer ailleurs au même endroit, (…) »

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Juliann Moore, after la Grande Odalisque, by Michael Thomson, Vanity Fair, April 2000

« L’art s’est pensé longtemps du côté de la création – de l’irruption- et la technique du côté de l’automatisme. Mais (…) la technique a de plus en plus avéré son caractère irruptif, inopiné et donc aventureux, tandis que l’art savait de moins en moins à quel archi-modèle de création il pouvait se rapporter(…). »

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Self portrait, Hand, 1990, John Coplans (1920-2003), silver gelatin print

 

 

 

« (…) tout art est aussi toujours le vestige d’un passage : il garde ce qui est passé mais non sa forme. Il y a des vestiges religieux (des empreintes de pas, de Bouddha, de Mahomet, des empreintes du Christ), il y a des vestiges politiques, mais l’art est vraiment ce qui donne sens au vestige, parce qu’il est son propre vestige. »

 

 

 

 

«  L’art nous retient, il fait la mince balustrade, le garde-fou ou le garde-corps dont la lisse nous retient en nous permettant de nous tenir au bord du vide débordant. »

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« Le nuage » de la série « je me souviens », 2009, Liu Xiaofang (née en 1980)

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