Le dit de l’Avent #11

Le dit de l’Avent, focus sur un détail de la Nativité…

Chaque jour de l’Avent donc, un regard ludique et didactique sur l’un des thèmes les plus évoqués dans la peinture occidentale depuis le IIIe siècle. L’œuvre d’où est extrait le détail est à découvrir… demain 😉

Tiens, une nuée d’angelots rouges… serait-ce une paréidolie ?

Paréidolie, un mot étrange et bien joli (du grec ancien para-, « à côté de », et eidôlon, diminutif d’eidos, « apparence, forme ») qui désigne un phénomène psychologique, impliquant un stimulus (visuel ou auditif) vague et indéterminé, plus ou moins perçu comme reconnaissable.
Ce phénomène consiste, par exemple, à identifier une forme familière dans un paysage, un nuage, de la fumée ou encore une tache d’encre, mais tout aussi bien une voix humaine dans un bruit, ou des paroles (généralement dans sa langue) dans une chanson dont on ne comprend pas les paroles.

Il me semble que notre nuage rouge ne pourrait probablement pas être une paréidolie pour le regardeur du XXIe siècle.
Il aurait pu en être une, en revanche, pour celui du XVIe siècle, pour qui les mots de l’Évangile de Luc1 — « Et soudain, il y eut (…) une troupe céleste innombrable, qui louait Dieu (…) » — étaient familiers et dans la culture duquel la couleur rouge était associée à la vertu théologale de la charité, de l’amour.

En visionnant un petit sujet sur la chaîne arte2, j’apprends que cette illusion visuelle est inscrite dans notre patrimoine génétique, qu’elle n’intéresse pas que les scientifiques et nourrit l’imaginaire des artistes depuis la nuit des temps.
Et je note les mots du photographe Claude Mollard3 : la quête du visage est quelque chose de primitif.
Les artistes, d’une manière générale utilisent beaucoup le phénomène de paréidolie pour, en quelque sorte, trouver une forme d’expression qui leur soit personnelle. 
L’homme a commencé à créer dans son regard, avant de créer avec ses mains.


1/ La Nativité dans l’évangile de Luc, Lc 2, 1-18, extrait.
(…) Dans la même région, il y avait des bergers qui vivaient dehors et passaient la nuit dans les champs pour garder leurs troupeaux. L’ange du Seigneur se présenta devant eux, et la gloire du Seigneur les enveloppa de sa lumière. Ils furent saisis d’une grande crainte. Alors l’ange leur dit : « Ne craignez pas, car voici que je vous annonce une bonne nouvelle, qui sera une grande joie pour tout le peuple : Aujourd’hui, dans la ville de David, vous est né un Sauveur qui est le Christ, le Seigneur. Et voici le signe qui vous est donné : vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire. » Et soudain, il y eut avec l’ange une troupe céleste innombrable, qui louait Dieu en disant : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes, qu’Il aime. »(…)

2/ Voir le sujet d’arte /Gymnastique / Pourquoi voit-on des visages partout ?

3/ Plus sur le photographe Claude Mollard, ici



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