YSL / Réminiscences

Enfin je vais voir l’exposition Saint-Laurent, au petit palais.

C’est véritablement un voyage immobile au cours duquel se mêlent l’émerveillement et un soupçon de mélancolie.

Bien mieux que je ne saurais le faire, à peu près tout a été dit, écrit sur YSL, sur sa timidité désarmante, sa passion pour l’art et surtout son talent d’artiste toujours en mouvement, dans son temps.

Cependant, son oeuvre me touche d’une façon singulière, parce que depuis l’enfance, il ressurgit invariablement et ses créations m’enchantent, ouvrent des fenêtres, entrebâillent des portes closes.

Son « dialogue avec l’art » m’a captivée d’emblée.
L’année de ma naissance il crée la série de robes en hommage à Piet Mondrian :
« J’aime d’autres peintres, mais ceux que j’ai choisis étaient proches de mon travail, c’est pour cela que je les ai sollicités. Mondrian, bien sûr, qui fut le premier que j’osai approcher en 1965 et dont la rigueur ne pouvait que me séduire, (…)« 


Aperçue dans un magazine quand j’étais enfant, cette robe a continué de me fasciner jusqu’à se muer en leitmlotiv au fil des années.

Par elle j’ai découvert ces artistes modernes qui avaient élaboré un nouveau langage formel en abandonnant complètement les représentations conventionnelles de l’art traditionnel.
L’envoûtement venait de ce que ce langage était à la portée de l’observateur, non pas par sa valeur figurative, mais par la variation à la fois multiple et subtile de quelques principes élémentaires de création artistique (horizontal/vertical, grand/petit, clair/obscur et les couleurs primaires).

Vue pour la première fois « en vrai » à la Fondation Pierre Bergé et Yves Saint Laurent à l’occasion de l’exposition « dialogue avec l’art », en 2004, je peux l’admirer à nouveau aujourd’hui au petit palais.

Parlant des peintres auxquels il a rendu hommage, Yves Saint-Laurent écrit encore :
« Je ne les ai pas copiés – qui pourrait s’aventurer à le faire ? – J’ai voulu tisser des liens entre la peinture et le vêtement, persuadé qu’un peintre est toujours de notre époque et peut accompagner la vie de chacun »

Je me souviens aussi du plaisir d’apprendre, l’année de mon bac, en 1983 qu’Yves Saint-Laurent était invité à New York au Metropolitan, Museum of Art, la première fois pour un couturier vivant. Par la suite, il a exposé dans de nombreux musées tels que Pékin, Paris, Moscou, Saint-Pétersbourg, Sydney ou Tokyo.

Si la « robe Mondrian » tient une place particulière dans mon coeur, tant d’autres créations d’YSL m’éblouissent tout autant !

Me reviennent encore en mémoire les frissons et le choc de « Belle de Jour » -où Catherine Deneuve est sublimée par les vêtements d’YSL-, regardé en cachette à la télévision, accroupie sur une marche de l’escalier de la maison de mon enfance, sans le son et la moitié de l’écran dissimulé par la porte entrebâillée.

Au plus près des étoffes et du montage des pans et des plis qui structure le vêtement, c’est aussi l’exceptionnelle maîtrise technique qui s’impose au regard :
Là un tombé parfait,

Ici, l’infinie délicatesse des paillettes brodées,

« Une femme. Elle est là. Et lui, il est ici. Il dessine.
Et la femme, la voilà habillée ».
(Marguerite Duras)

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