HERMÈS chasse au vol



Défilé Hermès 2011

Il suffit que le talentueux créateur Christophe Lemaire, nouveau directeur artistique de la mode féminine pour Hermès, fasse défiler une chasseresse, faucon au poing, pour que naisse un désir fou d’échapper à la pesanteur animale…


Chasseur caressant son faucon, Iran, Isfahan, début du XVIIe siècle, Encre, gouache et or sur carton, Département des Arts de l’Islam, Musée du Louvre

Les origines de la chasse au vol se perdent dans la nuit des temps. Les premiers témoignages – des stèles et des bas-reliefs datés du IIe millénaire avant notre ère – la donnent originaire des régions riveraines du Tigre et de l’Euphrate.


Portrait of a Boy with a Falcon, Wallerant Vaillant, XVIIe, conservé au Metropolitan Museum of Art

Longtemps, la chasse au vol s’est cantonnée à ces contrées d’Asie, pénétrant peu les pays du bassin méditerranéen. L’Égypte comme la Grèce ou Rome semblent l’avoir sinon ignorée du moins fort peu développée.


Jeune algérienne au faucon, Vernet Horace (1789-1863), Londres, Wallace Collection

La chasse au vol se répand en Extrême-Orient au gré des poussées mongoles.
Importée de Chine au IIIe siècle après J.-C., elle devient une pratique courante au Japon.
Un peu avant la fin du IVe siècle après J.-C., elle est introduite en Europe. Dès lors, l’art du vol se développe pour atteindre son apogée dès les VIIIe et IXe siècles en Orient, plus tardivement au XIIIe siècle en Occident.


Faucon sur une branche de pin, Estampe d’Utamaro Kitagawa (1753-1806),
conservée au Musée National des arts asiatiques Guimet

Il semble que l’oiseau emporte avec lui l’âme du chasseur…


Défilé Hermès 2011

Dans l’art, toute forme entourée d’ailes appartient à une dimension sacrée…


Album de dix feuilles montées sur carton, sous couverture tendue de tissu. –
Dix peintures aux doigts, représentant des faucons et autres oiseaux de proie. Gao Qipei (1672-1734),
conservé au Musée National des arts asiatiques Guimet

Poursuivre ce voyage dans les airs avec le peintre Gao Qipei 高其佩 1672-1734), qui s’est distingué à la cour de l’empereur YongZheng sous la dynastie des Qing 清(1644-1911), au début du XVIIIe siècle en Chine, est une expérience esthétique apaisante.





Ces feuilles d’album, conservées au Musée Guimet ont été peintes aux doigts trempés dans l’encre par Gao Qipei 高其佩, la troisième lune du printemps de l’année xinmao (1711).

L’acquisition de cet album dans les années 1970 a permis d’illustrer dans les collections nationales un courant de peinture à l’encre profondément original.

Gao Qipei 高其佩 en abandonnant délibérément le pinceau pour la peinture au doigt, se libère des contraintes de la technique traditionnelle.

La manière semble simple et l’aisance naturelle à saisir l’essentiel de la posture de l’oiseau.

Achever cette errance dans les nuées, fermer les yeux et revêtir en songe la tenue idéale pour déambuler dans la steppe mongole un matin d’hiver…


Défilé Hermès 2011 , Christophe Lemaire

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s