Le dit de l’Avent #4 — Le caché révélé

Le détail du bœuf et de l’âne émane d’une Nativité de Lorenzo Monaco  (Piero di Giovanni) (vers 1370-1425), peinte vers 1406-10, Détrempe sur bois, fond doré, 22,2 x 31,11 cm. Ce tableau est conservé au MET.

L’âne et le bœuf, extraits de cette Nativité florentine à fond d’or du tout début du XVe siècle, ont cette grâce précieuse du style gothique international et un regard intérieur d’une grande douceur.

Lorenzo Monaco fut l’un des grands peintres et enlumineurs du début du XVe siècle à Florence.
Les harmonies tonales extraordinairement riches et subtiles de ce tableau, l’un de ses plus célèbres, attestent son talent d’enlumineur. Les éléments de la composition, comme le toit pentu, sont habilement adaptés à la forme irrégulière du panneau quadrilobe, qui s’insérait jadis dans la prédelle* d’un retable.

Comment les légendes relatives à la présence du bœuf et de l’âne ont-elles pu se glisser dans l’art et dans la tradition ?
Cette dernière aurait-elle pu venir de témoins oculaires et transmise fidèlement de bouche en bouche ?

Selon Saint Grégoire de Nysse (théologien du IVe siècle, Évêque de Nysse, Docteur de l’Église), le Bœuf est le juif enchaîné par la loi. Selon Saint Ambroise (Évêque de Milan au IVe siècle, Docteur de l’Église), l’âne est la figure des Gentils*. Ces deux animaux avaient ainsi probablement un rôle allégorique. Ils étaient des symboles mais si concrets et vivants que leur valeur idéale s’est effacée derrière leur forme rustique et rassurante et qu’ils ont trouvé naturellement leur place dans la scène de la nativité que les artistes ont retranscrit telle quelle.

À la fin du XIXe et au début du XXe siècle, on constate un abandon des précédentes explications pour ne retenir qu’un aspect anecdotique : le bœuf et de l’âne sont là pour réchauffer l’enfant Jésus.


*Prédelles : parties inférieures d’un retable polyptyque, développées horizontalement, qui servent de support aux panneaux principaux. Elles peuvent être composée.

*Les Gentils : du latin Gentiles (les « nations »), est la traduction habituelle de l’hébreu Goyim, nations, qui finit par désigner les non-Juifs. Les auteurs chrétiens ont aussi employé ce mot pour désigner les païens.

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